Réglementation

Canicule au travail : ce qui change depuis juillet 2025

Depuis juillet 2025, les obligations des employeurs publics en matière de prévention de la chaleur ont été substantiellement renforcées. Ce que cela signifie concrètement pour votre collectivité.

Juin 2026  ·  5 min de lecture
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La réglementation française sur la prévention des risques liés à la chaleur au travail a longtemps été perçue comme vague et peu contraignante. Ce temps est révolu. Depuis le 1er juillet 2025, l'article R.4463-2 du Code du travail impose aux employeurs publics un cadre d'action précis, déclenché automatiquement dès l'activation d'une vigilance météorologique - y compris la vigilance jaune, le niveau le plus bas de l'échelle Météo-France.

Ce que dit exactement le texte

L'article impose désormais aux collectivités employeuses de mettre en place, dès le niveau de vigilance jaune, un ensemble de mesures de prévention documentées : identification des postes de travail exposés à la chaleur, mise à disposition d'eau fraîche en quantité suffisante, aménagement des horaires de travail pour les agents les plus exposés, et organisation de pauses régulières dans des espaces rafraîchis. À partir du niveau orange, des mesures renforcées sont obligatoires, notamment la suspension des travaux extérieurs en pleine chaleur et la mise à disposition de locaux climatisés ou suffisamment frais.

La question de la responsabilité

Ce renforcement réglementaire a une conséquence directe sur la responsabilité des élus et des DGS : en cas d'accident ou de pathologie liée à la chaleur survenant dans un contexte où ces mesures n'auraient pas été prises, la responsabilité pénale de la collectivité peut être engagée. Les services de l'inspection du travail sont habilités à contrôler la mise en œuvre de ces dispositions et à dresser des constats en cas de manquement.

Ce n'est pas une perspective théorique. Plusieurs collectivités ont déjà fait l'objet de rappels à l'ordre de la part des DREETS (Directions Régionales de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités) au cours de l'été 2025, suite à des signalements d'agents concernant des conditions de travail jugées dangereuses lors des épisodes de chaleur.

Le rôle clé du Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER)

La nouvelle réglementation exige que le DUER intègre désormais explicitement les risques liés à la chaleur, avec une cartographie des postes exposés et un plan d'action associé. Cette mise à jour est obligatoire. Un DUER qui ne mentionnerait pas les risques thermiques estivaux serait aujourd'hui considéré comme incomplet, et exposerait la collectivité à des sanctions en cas de contrôle.

Ce que nous observons sur le terrain

Lors de nos audits Score Fraîcheur, nous constatons régulièrement que la cartographie des espaces de travail chauds n'a jamais été formalisée dans les collectivités que nous visitons. Les agents savent parfaitement quels bureaux sont "invivables" en juillet, mais cette connaissance empirique n'est nulle part documentée. C'est précisément ce que notre audit permet de formaliser : nous identifions, mesurons et hiérarchisons les espaces à risque, et nous fournissons la base documentaire nécessaire à la mise à jour du DUER.

Notre recommandation

Ne traitez pas cette évolution réglementaire comme une contrainte administrative de plus. Traitez-la comme l'opportunité qu'elle est : celle de prendre enfin le sujet du confort thermique estival de vos agents au sérieux, de manière structurée, et d'en faire un argument de qualité de vie au travail dans vos communications internes. Les collectivités qui agissent proactivement sur ce sujet constatent une amélioration mesurable de la satisfaction et de la rétention de leurs agents. C'est un bénéfice qui dépasse largement la simple conformité réglementaire.

Source de référence pour cet article Légifrance - art. R.4463-2 ↗

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