En juin 2026, l'État a mobilisé 190 M€ en urgence pour adapter 12 500 établissements scolaires à la chaleur. Ce plan valide, au niveau national, la méthode que DegrésVerts applique depuis 2023 — et il concerne bien au-delà des seules écoles.
La décision a été prise dans l'urgence, mais elle n'en est pas moins structurante. En juin 2026, la Banque des Territoires, Actee, La Banque Postale, EDF et l'État ont annoncé conjointement un plan de 190 M€ pour équiper 12 500 établissements scolaires face aux canicules. Parmi eux, 2 500 avaient déjà fermé leurs portes lors des épisodes de chaleur intense de juin 2026. Les travaux doivent être réalisés avant l'été 2027.
Les solutions déployées en priorité sont significatives : ombrières de cours, brasseurs d'air, protections solaires extérieures, ventilation nocturne, et en dernier recours seulement, pompes à chaleur réversibles. Le gain annoncé est de 5 à 10°C selon les configurations. Cette hiérarchie — passif d'abord, actif en dernier recours — est exactement celle que DegrésVerts prescrit dans ses Ordonnances Thermiques depuis le lancement du Score Fraîcheur.
Ce n'est pas anodin. Quand l'État mobilise 190 M€ sur une même approche méthodologique, cela valide plusieurs années de travail de terrain. La doctrine de la fraîcheur n'est plus une position de niche — elle est devenue la réponse officielle.
Le plan est centré sur les écoles parce que les enfants sont les plus vulnérables à la chaleur et parce que les fermetures scolaires sont politiquement visibles. Mais la logique est identique pour toutes les catégories de bâtiments publics : les EHPAD, les gymnases, les bibliothèques, les salles des fêtes, les mairies — autant de structures qui accueillent des publics vulnérables dans des bâtiments souvent non préparés à des étés à 40°C.
Les EPCIs et départements qui ont engagé une démarche d'audit thermique sur leur patrimoine global sont mieux positionnés pour identifier rapidement leurs établissements les plus vulnérables — et pour instruire des dossiers de financement cohérents, qu'il s'agisse du Fonds Vert, de la DETR ou de dispositifs sectoriels comme ÉduRénov.
Le chiffre de 2 500 établissements ayant fermé lors des canicules de juin 2026 doit être lu pour ce qu'il est : un coût opérationnel direct, mesurable, subi par les communes et les familles. Chaque jour de fermeture représente des gardes d'enfants non anticipées, des arrêts de travail improvisés pour les parents, une désorganisation administrative pour les équipes municipales.
Ce coût ne figure dans aucun budget travaux — et c'est précisément pour ça qu'il est systématiquement sous-estimé dans les arbitrages d'investissement. Le Score Fraîcheur DegrésVerts permet de rationaliser cet arbitrage en donnant une note objective à chaque bâtiment et en chiffrant le coût des interventions correctives — pour un investissement de diagnostic souvent inférieur au coût d'une seule fermeture d'établissement.
Le plan d'urgence national ne couvre pas tous les bâtiments publics. Il traite les écoles en priorité, avec un calendrier contraint (travaux avant l'été 2027). Pour les collectivités qui gèrent un patrimoine plus large — bureaux administratifs, équipements sportifs, structures petite enfance, résidences seniors — la fenêtre de financement la plus favorable est celle du Fonds Vert 2026, dont l'enveloppe doit être engagée avant le 31 décembre 2026. Attendre 2027 pour agir, c'est potentiellement attendre le prochain plan d'urgence — avec les mêmes fermetures entre-temps.
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