L'absentéisme lié à la chaleur représente un coût direct et indirect significatif pour les entreprises. Méthode de calcul et ordres de grandeur pour construire votre business case.
Lorsqu'une direction générale doit décider d'investir dans l'amélioration thermique de ses bâtiments, la première question posée par le DAF est invariablement : quel est le retour sur investissement ? La réponse nécessite de quantifier les coûts actuels de l'inconfort thermique - un exercice que peu d'entreprises ont réalisé, mais dont les résultats sont presque toujours surprenants.
Selon le baromètre annuel de Malakoff Humanis publié en 2025, l'absentéisme dans le secteur tertiaire augmente de 23 % en moyenne lors des semaines de canicule. Pour une entreprise de 100 salariés avec un salaire moyen de 40 000 € bruts annuels, cela représente - en ne comptant que les deux mois d'été - une charge supplémentaire de l'ordre de 45 000 à 60 000 € par an (en intégrant les coûts directs de remplacement, de réorganisation et de perte de production).
Ce chiffre est à comparer au coût d'un audit Score Fraîcheur et des travaux correctives prioritaires - qui dans la plupart des cas sont nettement inférieurs au coût annuel de l'absentéisme évitable.
Au-delà de l'absentéisme visible, la chaleur génère des coûts indirects moins facilement mesurables mais tout aussi réels : erreurs et reprises de travail liées à la baisse de concentration, retards de livraison et décalages de projets, dégradation de la qualité du service client, turnover augmenté chez les profils les plus mobiles (qui fuient les employeurs dont les locaux sont inconfortables).
Une étude interne conduite par un grand cabinet de conseil français a estimé que le coût total de la canicule - direct et indirect - représentait entre 1,5 % et 2,5 % de sa masse salariale annuelle, soit plusieurs centaines de milliers d'euros pour un cabinet de taille moyenne.
Pour construire votre propre business case, nous recommandons la démarche suivante :
Étape 1 : Identifier les semaines de l'année précédente où une canicule a été déclarée (données Météo-France accessibles librement).
Étape 2 : Extraire les données d'absentéisme de ces semaines spécifiques et les comparer à la moyenne des semaines hors canicule. La différence représente l'absentéisme imputable à la chaleur.
Étape 3 : Multiplier le nombre de jours supplémentaires d'absence par le coût journalier moyen d'un salarié (salaire brut + charges / 220 jours ouvrés). Ajouter une estimation des coûts indirects (généralement 1,5 fois les coûts directs selon les études RH).
Étape 4 : Comparer ce coût total au coût des mesures correctives identifiées dans l'Ordonnance Thermique DegrésVerts. Dans la très grande majorité des cas, le ROI est inférieur à trois ans.
Nos experts sont disponibles pour vous accompagner dans votre démarche.